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Le départ de Yahya Jammeh en Gambie pourrait donner un élan nouveau aux relations entre Dakar et Banjul

Gkihh

La Gambie constitue une enclave au sein du Sénégal, son territoire s'étant constitué à partir des deux rives du fleuve du même nom.

Le cours d'eau constituant une sorte de frontière naturelle séparant la Casamance sénégalaise de la partie nord du pays.

Les relations entre les deux pays qui ont les mêmes ethnies, coutumes, religions, entre autres, ont été heurtées ces dernières années au niveau étatique, non seulement sous le régime Yahya Jammeh, mais aussi sous celui de son prédécesseur Dawda Jawara.

Jawara a proposé la création en 1981 de la confédération sénégambienne au Sénégal, après que les troupes sénégalaises sont intervenues pour le rétablir au pouvoir après un coup d'état.

Cette confédération a éclaté en raison d'une sourde résistance du président Jawara et une bonne partie de la population aux réformes proposées par les Sénégalais.

Aussi, le Sénégal n'a pas levé le plus petit doigt lorsque Dawda Jawara a été victime d'un coup d'état mené par de jeunes officiers dont Yaya Jammeh.

Dès son accession au pouvoir, le président Jammeh a montré de bonnes dispositions à l'égard de Dakar en jouant le rôle de facilitateur pour le règlement de la rébellion indépendantiste Casamançaise (sud du Sénégal).

En 2010, la saisie au Nigeria de conteneurs d'armes qui devaient être expédiées en Gambie, a provoqué une brouille entre le Sénégal et la Gambie.

Les autorités sénégalaises estimaient que les armes étaient destinées au Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (MFDC, rébellion). Cette affaire a installé un climat de méfiance entre les deux pays.

L'autre pomme de discorde entre la Gambie et le Sénégal est la traversée de la Gambie par ferry, un problème récurrent dans les relations sénégalo-gambiennes.

Un accord pour l'édification d'un pont sur le fleuve Gambie a été conclu entre les deux pays qui ont déjà obtenu un financement auprès de la Banque africaine de développement pour sa construction.

Ce pont devrait favoriser la libre circulation entre le nord et le sud du Sénégal et contribuer à réduire la durée des voyages entre la Casamance et le reste du Sénégal, tout en accroissant les échanges commerciaux.

Mais, le président gambien, après avoir signé des accords, a multiplié les prétextes pour retarder la réalisation du projet, au grand dam des associations de transporteurs sénégalaises qui crient au sabotage.

Enfin, depuis plus d'un an, les associations de défense de l'environnement ont multiplié les accusations contre la Gambie de trafic de bois dans les forêts de la Casamance.

Après l'annonce de la défaite de Yaya Jammeh, plusieurs analystes et observateurs sénégalais ont estimé que les relations sénégambiennes vont prendre un nouvel élan.

Les plus hautes autorités sénégalaises sont les premières à féliciter le nouveau président de la Gambie.

Vendredi, le président sénégalais, Macky Sall, a adressé ses "chaleureuses félicitations" au président élu de la Gambie, Adama Barrow, au cours d'un entretien téléphonique.

Le président Sall a exprimé à M. Barrow "sa ferme volonté de travailler avec lui au renforcement des relations multiséculaires d'amitié, de parenté et de bon voisinage entre les peuples gambien et sénégalais, unis par une histoire et un destin communs".

Lui emboîtant le pas, le ministre sénégalais des Affaires étrangères a affirmé la disponibilité du Sénégal pour intensifier la coopération entre le Sénégal et la Gambie et s'attaquer aux problèmes communs.

"Nous avons des projets d'intégration communs qu'il nous faut absolument faire avancer et le plus rapidement possible", a-t-il ajouté.

A Banjul, le président élu a affirmé que le renforcement des relations avec le Sénégal constituent une priorité.

Source...Xinhua

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